Des pépinières au secours du corail


Le corail, colonies de petits organismes vivants construisant les récifs à l'origine de nos lagons, sans cesse menacés et perturbés par la pollution, le réchauffement climatique et bien d'autres impacts de nos activités. Partout dans le monde, la pérennité des récifs est un enjeux considérable et des scientifiques les étudient de près pour mieux les protéger, car 95% des coraux dans le monde sont menacés.

Il semblerait aujourd'hui qu'un biologiste marin, Barush Rinkevich, soit sur la piste d'une solution pour sauver le corail. En effet, il a imaginé une technologie qui permettrait de restaurer les coraux soumis à toutes ces pressions polluantes.

Pour préserver les récifs, quoi de mieux que de les cultiver ! Il a mis au point une véritable sylviculture sous-marine et à pour ambition de sauver les récifs coralliens de la mer Rouge.
C'est un véritable procédé de bouturage où l'on prélève du corail sain afin de le repiquer sur un autre support, tout en rendant les conditions viables à son développement.

Le développement de ce type de pépinières n'est pas récent. Le projet a été initié en 2000 mais les résultats n'étaient pas au rendez vous, et c'est le hasard qui a conduit l'équipe a installer ses pépinières "entre deux eaux" et a obtenir des résultats fructueux. "Le corail a poussé à une vitesse incroyable" dit l'équipe. Cependant, les expérimentations n'ont eu lieu que sur une seule espèce de corail, et la diversité d'un récif n'a pu être réalisée. Il suffirait néanmoins de récupérer des échantillons de pontes des coraux, ce qui est un procédé plutôt facile à réaliser, afin d'éprouver la technologie sur un plus grand nombre d'espèces.

Barush Rinkevich, avec son procédé, arrive à une survie de 99% des coraux repiqués, et dans sa zone d'expérimentation près du port d'Ellat (au Sud d'Israël) il a planté 7000 coraux, repeuplant ainsi ses fonds marins. Il souhaite être copié et il va l'être, des expériences et les applications de son procédé sont faites aux Philippines, à Singapour, en Thaïlande et au Zanzibar.

C'est un véritable espoir pour la survie des récifs dans le monde, et nous à la Réunion, que pouvons nous en espérer ?

Pour y avoir participé, les expériences de bouturages coralliens ne sont pas une nouveauté à la Réunion. Certaines conclusions de rapport étaient encourageantes, mais il semblerait que fautes de moyens, nous n'ayons pas pu aller plus loin dans l'expérimentation, privant les scientifiques du temps indispensables pour obtenir des résultats.

A présent que nous savons que c'est possible, pourquoi ne pas mobiliser des ressources pour avoir nous aussi des pépinières pour coraux. Un besoin pourrait se créer, et des pays désireux de restaurer leurs espaces marins pourraient être intéressés, et représenteraient un levier financier supplémentaires dans la restauration de nos propres espaces.
L'aquaculture fait inéluctablement partie de notre avenir halieutique, sans corail tout cela sera compromis. Les techniques aquacoles de la Réunion devraient s'enrichir et se diversifier sur cette axe coralliens qui est la colonne vertébrale de la biodiversité des océans.

C'est l'année de l'écologie à la Réunion, vous voulez de grands projets, en voilà un.

Pragmatique, générateur d'emplois et de tourisme, et qui éviterait de subir les pertes financières générées par la disparition de nos récifs. Préserver la nature, l'aider à se restaurer n'est pas une dépense inutile, c'est un investissement à long terme qui permettra non seulement de sauver la biodiversité, mais aussi tout ce qui dépend d'elle.


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Les anciens Commentaires
texto En voilà une bonne idée, il n'y a plus qu'à faire ça chez nous et avec la nouvelle route du littoral en mer, c'est un vaste terrain d'application qui tombe du ciel.









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